06 juillet 2009
Dany redescends, la Gauche est là !
Stupéfiant ! Alors que les résultats des élections européennes montrent que la droite et le centre sont minoritaires et qu’une dynamique unitaire de la Gauche a l’appui des électeurs progressistes dans toutes les enquêtes d’opinion, Daniel Cohn Bendit, « grand vainqueur » du dernier scrutin semble inaccessible à toute velléité d’union. Plus grave encore, s’il explique que l’alliance au second tour pour les élections régionales est « naturelle » avec les socialistes, il ajoute que ce n’est que dans la « plupart des cas ».
Qu’est-ce à dire ? Les écolos pourraient trouver à faire alliance avec la Droite ? Enfin, il considère que François Fillon serait un président de Commission Européenne possible…Nous n’avions pas compris que c’était le vœu des électeurs d’Europe-écologie et qu’échanger Barroso contre Fillon était la solution à la crise de l’Europe libérale !
Nous, militants et sympathisants d’Un Monde d’Avance, nous battons pour construire une gauche unie, stratégie essentielle pour élaborer un autre modèle de développement et pour le mettre en application en remportant la victoire en 2012 aux élections présidentielles et législatives. Nous sommes pleins d’espoir car la Droite est beaucoup plus faible qu’on ne le dit, et les « dragues » successives de Sarkozy envers le centre-gauche (interview au Nouvel Obs, nomination de Rocard pour réfléchir à on ne sait plus quoi…) montrent bien que lui l’a compris !
Alors maintenant, la balle est dans le camp de la Gauche et de tous ses responsables, politiques, associatifs, syndicaux. Que veut-on ? Privilégier les « boutiques » anciennes ou en construction ? Brouiller le clivage Gauche-Droite pour se permettre tous les opportunismes ? Ou enfin retrouver le souffle des grandes conquêtes en construisant un projet commun ? Débattons ! Rencontrons-nous ! Construisons la République sociale et écologique de demain, établissons vite ensemble un calendrier de travail sur le fond, et de désignation de celle ou celui qui portera nos couleurs. Un Monde d’Avance appelle la première secrétaire du Parti Socialiste, Martine Aubry à se saisir au plus vite de ce chantier, et à rencontrer tous ceux qui peuvent construire les dynamiques utiles. Pour notre part nous avons commencé ce travail d’unité et nous le continuerons, avec modestie mais avec détermination. Demain commence aujourd’hui !
Guillaume Balas
02 juillet 2009
Benoît Hamon évoque le rassemblement de la gauche et les régionales
Libération.
Ces jours-ci, nombre de socialistes lancent ou relancent leur club ou leur courant. Pourquoi un tel degré de fragmentation ?
« Chacun des initiateurs de ces clubs présente son initiative comme la pierre angulaire de la reconstruction du PS. Mais on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une étape supplémentaire de la décomposition... En résumé, pour rassembler, chaque socialiste fonde une écurie supplémentaire ! Tout cela étant motivé par l’objectif d’une candidature de plus. Tant que chaque socialiste considèrera que si rassemblement il doit y avoir, celui-ci devra s’opérer autour de lui, nous aurons un problème. »
Avec le recul, comme analysez-vous la gifle reçue par le PS aux européennes ?
« C’est un échec auquel on ne doit pas donner plus de portée qu’il n’en a, d’autant que 60% des électeurs ne sont pas venus voter. Mais il ne faut pas non plus l’esquiver. J’observe que la gauche n’a pas perdu de voix par rapport à 2004 mais à gauche, nous étions ceux qui donnaient le moins envie. »
La campagne du PS n’était donc pas suffisamment à gauche ?
« Nous n’avons pas donné envie aux classes populaires de se déplacer pour voter. Ni à ceux qui avaient décidé de voter à gauche de le faire pour des candidats socialistes. Le PS appelait à battre Barroso, alors qu’il fait partie d’un groupe socialiste européen qui pourrait appeler, en octobre, à reconduire le même Barroso ! C’est cette indifférenciation avec la droite que nous payons. »
La réaction de Martine Aubry après la défaite a-t-elle été à la hauteur ?
« C’est à la fin 2009, au vu de l’état de notre projet et du rassemblement de la gauche, que nous pourrons voir si nous avons réussi à extraire le PS des sables mouvants dans lequel il se plonge depuis quelque temps. Martine Aubry a choisi de privilégier deux axes : celui du projet, et celui du rassemblement de la gauche dans une « maison commune ». Je suggère ne pas attendre l’après-régionales, comme nous avons attendu l’après-européennes, pour parler rassemblement avec nos partenaires de gauche. Ce serait la quasi certitude qu’il n’y aura pas de rassemblement en 2012, et donc pas de victoire. »
Comment aborder ces régionales ?
« Les socialistes, les Verts, les communistes et le Parti de gauche cogèrent 20 régions sur 22. Là où les élections européennes justifiaient des approches politiques distinctes, je ne vois pas de clivage évident pour les régionales. Il me semble assez logique que la question de listes communes soit posée, et qu’on aborde tous les sujets, de fond comme de gouvernance. D’autant que l’électorat de gauche réclame partout l’unité »
Vous voulez dire que des Verts ou des communistes pourraient présider des régions ?
« Le meilleur moyen de gagner les régionales et de favoriser le rassemblement de la gauche pour 2012, c’est de poser la question. Le fait que certaines régions soient présidées par des partenaires du PS n’est pas un tabou, et ne me choque pas. Nous devons le leur proposer. Un gouvernement de rassemblement de la gauche où ne figureraient que des ministres socialistes ne serait pas très sérieux... »
Que faites-vous des présidents de région, qui pour la plupart se représentent et à qui Martine Aubry vient de conférer « l’autonomie » pour leurs listes ?
« Il n’y a pas de syndicat des présidents sortants ! Ceux-ci sont tous légitimes. Mais les présidents de région ne sont pas uniquement préoccupés par leur réélection personnelle, ni totalement indifférents à la présidentielle de 2012. Si on ne s’intéresse qu’à son propre sort, cela veut dire que le PS n’existe plus. »
Et l’alliance avec le Modem, au sujet duquel Vincent Peillon, qui invite Marielle de Sarnez à l’université d’été de son courant, appelle à en finir avec l’« hypocrisie » ?
« Il serait impensable de s’associer à une formation qui pourrait, selon les régions, faire l’appoint avec l’UMP ou le PS, et qui siège avec le groupe libéral au Parlement européen ! Les socialistes seraient ridicules s’ils constataient que ceux qu’ils ont invité à la tribune, négocient plus tard avec l’UMP pour prendre une région à la gauche. Il faut donc que le Modem clarifie sa position. Appartient-il au camp des progressistes ou pas ? »
Quelle est votre position sur les primaires ?
« Que les primaires soient ouvertes aux électeurs de gauche, c’est une bonne idée, et je la défendrai. A condition qu’il y ait un projet commun derrière. Il nous faut trancher toutes les questions sans réponse, comme le libre échange absolu, la redistribution de la richesse, la propriété dans l’économie, la planification pour domestiquer l’évolution de notre environnement... Sans projet commun clivant avec le bilan et l’idéologie de la droite, les primaires n’auraient pas de sens. »
Serez-vous candidat ?
« Non. Ce qui m’intéresse c’est de battre Sarkozy en 2012. »
Comment vivez-vous votre non réélection au Parlement européen ?
« Comme un échec. Mais je ne vais pas gémir sur le sort d’un député européen non réélu. »
Pourquoi être resté porte parole du PS ?
« A la demande de la première secrétaire, de nombreux dirigeants et de mes amis politiques. Ceux- ci considéraient qu’une démission aurait rajouté à la crise du PS, et favorisé une lecture que certains veulent donner à notre échec en expliquant que nous avons perdu à cause de la ligne politique de Benoit Hamon. »
Cette ligne, justement, l’assumez-vous toujours ?
« Je n’ai jamais renoncé à la défendre. Et je ne crois pas, d’ailleurs, que la crise me donne tort. »