17 mai 2009
Des médias en campagne électorale
« Les socialistes sont absents de la campagne, ils n’ont pas de dynamique, pas de projet, pas de souffle, ils décrochent dans les sondages… »
Un air chanté sur touts les ondes, à la partition en gras dans tous les journaux…
Et pourtant quand on cherche derrière les apparences, tout est démontable et on peut se demander à quoi joue la presse.
Tout est démontable
• « les socialistes sont absents » : il est vrai que l’on voit rarement un journaliste sur les marchés ou lors des « porte à porte » mais partout je vois des militants agir, proposer, convaincre, c’est vrai parfois en butte à une indifférence orchestrée par les médias.
• « ils n’ont pas de dynamique » : les meetings sont bondés, vivants que ce soient des préaux d’école, de grands rassemblements comme à Toulouse, Strasbourg ou encore Paris au Cirque d’Hiver, mercredi dernier à Paris.
• « ils n’ont pas de projet » : le mensonge est là le plus flagrant, les socialistes ont réussi pour la première fois à s’unir au niveau européen avec des propositions fortes, en rupture avec le social-libéralisme tout en étant très concrètes, en parfaite résonance avec ce que demandent les syndicats européens. Seulement, les médias ne s’y intéressent pas trois secondes, préférant interroger nos candidats sur les bruits de couloir, les rivalités de personnes.
• « ils décrochent dans les sondages » : la moyenne des résultats européens du PS nous situe autour de 20-22% des voix, exactement ce qu’estiment les sondages actuels et nous pouvons faire bien au-dessus !
A quoi joue la presse ?
Abandonnons l’idée qu’elle est un contre-pouvoir objectif, elle défend aujourd’hui ses intérêts, son idéologie et souvent ses habitudes :
Ses intérêts : la sarkozysation des médias est presque achevée. La plupart des grands groupes économiques propriétaires de chaînes, stations ou journaux sont ses appuis naturels et la sphère médiatique publique est sous haute surveillance depuis les nouveaux pouvoirs de nomination du président de la République
Son idéologie : la presse de droite défend la droite de manière explicite ou implicite, c’est naturel. La presse de centre-gauche s’est découvert un nouvel objectif, agacée par la fin des théories sociale-libérales : l’alliance PS-Modem. Cela a été explicité par nombre d’articles et d’éditoriaux allant jusqu’à défendre le Modem face au PS dans les colonnes d’un journal affiché proche de la gauche réformiste ! Pour arriver à cet objectif, il faut que ces élections européennes marquent la nécessité supposée de cette alliance, il faut donc un PS faible et un Modem fort.
Ses habitudes : beaucoup de journalistes politiques ne s’intéressent plus aux débats de fond, ils se sont spécialisés et vivent pour certains de la vie interne du PS. Il leur faut donc constamment « mettre en scène » les différences, souffler sur le feu de la désunion, personnifier, glamouriser, bref, dépolitiser le Parti Socialiste.
Peut-on encore espérer un réveil de l’éthique du journalisme au moment même où l’on fête la longévité d’un quotidien aussi important que « Le Monde » ? Nos convictions démocratiques de tout cœur l’espèrent.
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