Guillaume Balas

Blog d'un militant socialiste, conseiller régional d'Île-de-France et mandataire du NPS à Paris

23 février 2009

Pour une majorité de gauche dans l’UE

Notre courant « Un Monde d’Avance » marque la crise économique actuelle comme le signe d’un changement de cycle : la globalisation du capitalisme étant achevée, les crises superposées et liées de surproduction, le dégonflement de l’endettement privé et  la distorsion du système financier international ont rendu et rendront de plus en plus  nécessaires des actions contra-cycliques de la part des différents Etats. Les élections européennes auront donc lieu dans un moment de tension telle que nous n’en avons jamais connu : le chômage monte et continuera sans doute de monter ; la zone Euro sera plus ou moins ébranlée par les exigences des marchés pour financer l’augmentation de l’endettement publique ; le faible niveau des « plans » nationaux et leur manque de coordination risquent de faire douter fortement de la capacité des politiques publiques à répondre au séisme social et politique.

Ce phénomène émerge et provoque déjà des crises politiques majeures, comme celle que connaît l’Islande par exemple. Cette élection n’intéressera donc pas si elle se cantonne aux thèmes habituels des campagnes européennes tels que les questions institutionnelles ou ou si elle aborde les préoccupations sociales, en réclamant seulement « plus d’Europe sociale ».

Cette élection n’aura un sens, et la gauche en Europe et en France une possibilité de peser plus, que si elle traite de la question suivante : en quoi l’Europe peut-elle être utile pour lutter contre la crise économique, sociale et politique actuelle ?

Toutes  les autres questions sont subalternes. Or le PS français peut sembler de ce point de vue fragile. D’abord parce que la Gauche est désunie et que l’alliance autour du PC ne pourra se faire que contre lui. Ensuite parce que l’UMP va vouloir éviter les questions nationales et va donc centrer son discours sur les « bons résultats » de la présidence française de l’UE et la nécessité d’une Europe « protectrice » (thème déjà avancée à la dernière réunion nationale de l’UMP par Sarkozy). Aussi parce que le pouvoir va valoriser l’extrême-gauche comme seul adversaire idéologique irréductible. Enfin parce que le rapport des socialistes français à la construction européenne, comme celle de l’ensemble du PSE est parfois peu rationnel, le thème européen ayant souvent servi d’« idéologie de remplacement » lors des défaites conceptuelles concédées au néo-libéralisme triomphant.

Qu’est-ce que notre courant peut proposer pour démontrer l’utilité des socialistes ?

D’abord que l’Europe doit avoir un discours plus homogène pour réorganiser l’économie mondiale par l’instauration d’un juste échange mettant fin aux menaces économiques, sociales et écologiques d’un libre-échange généralisé.

Que c’est le moment de lancer de grandes initiatives d’investissement au niveau européen pour dessiner la croissance écologique de demain et qu’aucun « dogme » monétariste ne doit en contester la nécessité

Que la justice sociale n’est pas que l’affaire des Etats mais que son niveau résulte en grande partie des politiques économiques européennes, donc que les questions de droit du travail, de répartition capital-travail, de fiscalité, de politique sociale active (retraites, salaires, chômage) doivent aussi être traitées au niveau communautaire.

Notre courant doit donc jouer à plein son rôle de force de proposition pour permettre au PS et à la gauche de remporter les élections européennes de juin prochain. Voilà notre travail pour les semaines qui viennent : aider le PS et le PSE à remporter une victoire nette et instaurer une majorité de gauche au Parlement européen qui pourra lutter efficacement contre la crise.
Guillaume Balas

Posté par Bastien Recher à 17:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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